09 mai 2006

dans le train

Ce matin, dans le train, j'ai réussi à trouver une place pour m'asseoir.

Ma place n'avait pourtant rien de réjouissant.

1. la dame âgée à mes côtés sentait le couscous... JE HAIS LE COUSCOUS.

2. le type en face de moi avait la gueule plongée dans son ordi portable et se la pétait grave en ne daigant même pas adresser un regard au contrôleur, puisqu'il avait son A.G (abonnement général) posé sur le clavier de son ordi (de sorte à ce que le contrôleur puisse voir qu'il a un A.G. sans le déranger)... JE HAIS LES GENS QUI SE LA PETENT GRAVE...c'est vrai quoi, il n'a qu'à aller en première classe, c'est fait pour ça.

3. le type assis en face de la dame âgée et à côté de celui qui se la pétait, lisait "guerre et paix". Sauf que, il ne lisait pas vraiment "guerre et paix", il se contentait de tourner les pages. J'ai lu "guerre et paix" et je peux vous dire que ça se lit pas comme un  "martine à la plage". Je me suis demandée pourquoi ce mec en costard lisait guerre et paix, j'ai trouvé la réponse quand j'ai observé la direction dans laquelle allait ses yeux (elles allaient dans la direction d'une brillante pétasse qui lisait aussi un livre (mais je ne sais pas lequel)  : parce qu'il s'imagine que de lire un livre chiant et intellectuel, ça fait de lui un mec intellectuel et que la fille qui lit un livre intellectuel voudra de lui. Wahoo! C'est fou... la reproduction... s'il faut se forcer à lire guerre et paix pour ça.

Des fois dans le train, il vaut mieux regarder les beaux paysages par la fenêtre.

Posté par couettesurlatete à 21:09 - Commentaires [9] - Permalien [#]


Commentaires sur dans le train

    bien observé !!

    salut, comme d'hab, tu vas à l'essentiel et j'adore. Oui les gens ne vivent que pour une image qu'ils veulent donner d'eux même mais : "caches le naturel, il revient au galop" et ça fait mal.
    Bise à toi couette continue...

    Posté par fred, 09 mai 2006 à 22:23 | | Répondre
  • chassons le naturel...

    Le bon sens populaire – je m'en méfie - prétend en effet que, lorsqu'on chasse le naturel, celui-ci reviendrait au galop. C'est un point de vue...
    Quant à moi, je préfère sensiblement celui d'Alexandre Vialatte - dont il faut abolument lire les extraordinaires chroniques ("L'éléphant est irréfutable", "Et c'est ainsi qu'Allah est grand", "Dernières nouvelles de l'Homme", etc) - Vialatte, donc, qui affirme plutôt: "chassez le naturel, il ne revient jamais."
    Ce qui, tout compte fait, me semble:
    1. bien plus dôle
    2. bien plus vrai
    3. bien plus grave
    Voila.

    Posté par Tas de neige, 10 mai 2006 à 00:24 | | Répondre
  • Pour le 3, je me demande quand même une chose : qu'est-ce qui se passerai si la brillante pétasse venait parler de "guerre et paix" au mec ?! il a intérêt à l'avoir lu !!

    Posté par adogslife, 12 mai 2006 à 08:18 | | Répondre
  • Guerre et Paix ou guère épais?

    Vialatte semble penser que plus on masque sa pesonnalité véritable (sa véritable nature), plus on prend le risque qu'elle ne réapparaisse plus jamais.
    Autrement dit, la Brillante Pétasse et le Pseudo Intello, à force d'essayer d'en avoir l'air, risquent de rester définitivement une Brillante Pétasse et un Pseudo Intello. Pour autant, bien sûr, qu'ils ne le soient pas déjà!
    Mais bon, il ne faut pas leur en vouloir: ils sont juste humains. Comme la plupart d'entre nous, il passent leur vie à chercher un peu de réconfort dans les miroirs, et à essayer d'y voir ce qu'ils aimeraient y vour plutôt que ce qu'ils sont. Il me semble qu'on cherche plus souvent à se rassurer qu'à se connaître. Et pour cela, les gens qui nous entourent constituent des miroirs merveilleusement pratiques.
    La Brillante Pétasse et le Pseudo Intello s'intéressent donc probablement moins l'un à l'autre qu'à eux-même. Ils ne font que se tendre des miroirs l'un à l'autre. Pour tenter de se rassurer. Peu importe, finalement ce qu'ils ont véritablement lu.

    Si ça se trouve, ils s'entendront très bien. Un peu comme lorsque l'on met deux miroirs face à face. Ils se reflètent à l'infini.
    Bien sûr, l'infini c'est un peu vide.
    Mais c'est bien joli...
    Voilà.

    Posté par Tas de neige, 12 mai 2006 à 14:40 | | Répondre
  • Une fois dans le train, un type a commencé à engueuler une fille parce qu'elle avait un rat avec elle "rangez-moi ça, je veux pas voir ça, j'ai payé ma place, blablabla..." Manque de pot, la voisine de la fille est intervenue : "Elle ne dérange personne avec son rat ; vous tout à l'heure vous avez téléphoné, j'ai eu droit à toute votre conversation et ça m'a dérangée". Le mec, tout penaud, a baissé d'un ton : "Oui mais c'est juste que je peux pas voir ça..." "Eh bien tournez la tête !" a répliqué la fille. Ptain comment elle l'a mouché ! J'adorerais avoir autant de répartie.

    Posté par Nelka, 12 mai 2006 à 15:00 | | Répondre
  • C.I.D.D.C. (Comité International de Défense Du Couscous)

    En tant que défenseur inconditionnel du couscous, je prends la liberté de signaler à Couette:
    1. que le mot "couscous" vient de l'arabe kuskus, lui-même dérivé du berbère "seksu" qui signifierait « bien roulé ». Ce qui - bien sûr en dit long sur la nature très sensuelle - pour ne pas dire plus - de ce plat.
    2. que le couscous est également le nom que les indigènes donnent au phalanger, un petit mammifère marsupial - que Couette rencontrera peut-être en Tasmanie si elle envisage d'honorer ces lieux de sa présence. Le couscous est de la taille d'une marmotte et pourvu d'une longue queue (si, si) enroulable (c'est plus pratique), qui lui permet de se suspendre aux arbres (ah).
    Ils se nourissent de fruits, ou de rouleaux de printemps s'il ny a plus de fruits (ce qui est assez rare) se déplacent très lentement sont extrêmement timide, ce qui explique pourquoi on en voit si peu dans les trains.
    Bien que timides, les couscous sont très joueurs (poker, bowling, etc), affectueux et gagnent vraiment à être connus. Puisse donc Couette revenir sur son jugement, qui pourrait en blesser plus d'un, tout au moins pour ceux d'entre eux qui liraient ce blog.
    Voilà.

    Posté par Tas de neige, 12 mai 2006 à 15:07 | | Répondre
  • c0uc0us

    Le coucous ca pue surtout les poichiches ! oui le train c'est un lieux admirable pour observer les gens...

    Posté par lo, 12 mai 2006 à 20:50 | | Répondre
  • à fred:

    merci. Mais où est l'essentiel, dans tout ça?

    à Tas de neige:

    Moi, je dis. Ne chasser par le naturel.

    à adogslive:

    Ca aurait drôle! mais comme la pétasse ne doit pas l'avoir lu, ça n'aurait pas posé de problème majeur. A mon avis.

    à Tas de neige:

    Sympa la conclusion. Je le vois tout à fait ensemble moi aussi.

    à Nelka:

    Le train c'est cool.

    à Tas de neige:

    Merci ces infos sur le couscous, pêchés directement sur wikipedia.

    à lo:

    j'aime pas le couscous! j'aime les trains!

    Posté par couette, 13 mai 2006 à 10:29 | | Répondre
  • Mise en scène de la vie quotidienne

    cette observation me fait dire que le bouquin de Goffman (du titre de mon commentaire) te plairait ;o)
    il considère la vie comme un théatre et postule que l'on choisis tous le rôle que l'on veut jouer, selon les circonstances etc. etc.
    Pour répondre à ta dernière phrase, il y a aussi les gens qui sont intéressants à observer dans les transports en communs en général (ce post en est la preuve ;o)
    Sinon je tiens tout de même à me faire l'avocat du diable trente seconde parce qu'une situation troublante de ce type m'est arrivée. un jour, j'étais à la gare et je lisais un livre (je ne sais plus lequel) en attendant quelqu'un. Donc environ toutes les x minutes, je levais la tête pour voir si la personne arrivait, jusqu'à ce qu'une autre connaissance débarque et me fasse cette réflexion désobligeante "dis donc t'as l'air super concentrée quand tu lis" (sous entendu que je faisais semblant de lire, ce qui en l'occurence, était faux dans ce cas de figure )
    bon je vois sycophante se préparer donc je vais devoir lâcher mon clavier... à bientôt...

    Posté par dragibus, 13 mai 2006 à 12:20 | | Répondre
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